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Installation vidéo / 2007-2010 - 5min en boucle

Le Baiser

Une jeune femme face à un miroir s’observe en cherchant dans son regard le regard des autres sur elle. Puis, elle embrasse langoureusement le reflet, l’image qu’elle renvoie au monde.

Le projet

Au départ il y a l’image et ses différents moyens d’exposition.

Une quête incessante de profondeur dans les images, explorant à chaque fois de nouvelles manières les mettrent en scène allant et venant entre la photographie, la vidéo et la performance théâtrale, afin de plonger dans des ambiances hypnotiques, sensuelles et abstraites.

En 2007, la « présentation » performative des tableaux vivants, Les Solitude(s), l'illustre bien.
On y retrouve la mise en boucle de gestes, de textes ou de chansons, interprétés par quatre comédiennes et chanteuses placées sur des socles, présentoirs de leurs états solitaires.
Tour à tour elles sont rêveuses, tristes, optimistes, curieuses et hystériques,
Portraits intimes sur la quête éternelle et secrète du meilleur, du bonheur et du pouvoir, avec dérision, tendresse et intransigeance. Julia Kristeva décrit très bien la complexité de ces contradictions à travers ses livres  « Etrangers à nous-même » et « Histoires d’amour ».

« Hymne au don total à l’autre, un tel amour est également, et de manière presque aussi explicite, un hymne à la puissance narcissique à laquelle je peux même le sacrifier,me sacrifier.(…) En effet dans le rapport amoureux, les limites des identités propres se perdent, en meme temps que s’estompe la précision de la référence et du sens du discours amoureux (dont Barthes a si élégamment écrit fragments) »Julia Kristeva, Histoires d’amour.

 

Cette installation fut réalisée en deux temps entre 2005 et 2007. Tout d’abord la vidéo, le geste de se parer , se regarder et y observer qu’on y cherche le regard des autres, puis faire corps en embrassant l’image qu’on renvoi au monde. Cependant elle évoque plutôt l’idée d’une homosexualité ou bisexualité latente en chacun de nous, ou doit-on comprendre que l’amour est un hymne au narcissisme ? Ensuite, il y a la rencontre des murs. L’angle, fuyante de la pièce, donne à cette image une deuxième dimension, et évoque la rencontre perpendiculaire de deux lignes, deux entités.

L’être humain a naturellement la faculté à rêver, à se projeter hors de soi et à se préserver dans le narcissisme. « Le baiser » en est le reflet.